L’eau à la bouche

femme savourant son repas

Autrement dit avoir envie, en saliver d’avance…
Tout le monde connaît cette expression ! Et vous n’avez pas idée de son importance, au propre comme au figuré !

En Appétit : Lorsque vous avez faim, ou que vous vous trouvez devant un plat que vous savez aimer, ou encore qu’une odeur gourmande chatouille vos narines, naturellement, vous vous mettez à saliver.
Parfois-même, il vous suffit d’y penser, de vous l’imaginer. N’est-ce pas ?

C’est de ce phénomène connu de tous qu’est venue cette expression, l’eau à la bouche, utilisée depuis le XVe siècle sous différentes formes.
Ok, mais encore ? Pourquoi donc ce phénomène ?

La plupart d’entre vous se souviennent probablement de leur cours de collège, et de ce physiologiste russe, Mr Pavlov démontrant ce fameux reflexe.
Egalement, vous aurez peut-être en mémoire d’autre cours à propos du tube digestif : La bouche est le premier élément de ce tube. Bon, à mes yeux, c’est plutôt une cavité, mais on ne va pas jouer sur les mots ici.

Et puis, je reste persuadée que la digestion commence avant la bouche…

Une foule de sensations! Avant même d’y entrer votre nourriture, vos sens vous donnent des indications sur ce que vous allez manger : l’odeur : les molécules volatiles effleurent vos narines, de façon plus ou moins agréable selon les talents de la personne qui cuisine.

En général, vous commencez à saliver, donc à préparer votre corps à la digestion. Puis la vue bien-sur, avec ce sens, même enrhumé, vous avez généralement au premier coup d’œil l’information sur le contenu de votre prochain repas. Avez-vous remarqué votre production de salive à ce moment ? Est-ce que cela change suivant la présentation de votre plat ? Préférez-vous des plats colorés, bien présentés ? Est-ce que cela vous est égal ?

La quantité de salive dans votre bouche est proportionnelle à votre envie de manger.
Vous y entrez votre nourriture, j’ose espérer avec plaisir. Vos sens vous donnent des indications sur la température, sur les saveurs, les textures… et vous utilisez cet élément que votre corps fabrique depuis que vous avez faim : la salive.

C’est une histoire de chimie, avec des réticulations, de liaisons ou non des molécules, des polysaccharides qui se brisent … « Plusieurs milliers de mêmes entités forment un édifice aux propriétés physiques différentes de celle de la molécule isolée. C’est pourquoi l’amidon n’est pas directement assimilé par l’organisme (on parle de sucres lents), alors que le glucose, l’entité de répétition, un sucre dit rapide, de par sa taille et sa chimie, passera rapidement et facilement dans le sang. L’amylase salivaire est une sorte de ciseau moléculaire qui vient rompre les chaines de molécules et casser le polymère ; les brins obtenus sont alors assimilables. La digestion consiste simplement à couper les longues chaines ingérées (polysaccharides, protéines, acides gras) et rendre ainsi solubles les nutriments dans les muqueuses sous forme de sucres, acides aminés, et acide gras élémentaires. » (Raphael Haumont- un chimiste en cuisine)

En bref, la formule chimique de la salive est spécialement conçue pour réduire en tout tout petit les nutriments que vous mettez en bouche. Ainsi le travail de votre estomac puis vos intestins s’en trouve facilité. Donc, au plus vous sécrétez de salive, et au plus vous mastiquez, moins vous fatiguez votre organisme !

La digestion prend environ 50% de notre énergie, à condition de se servir de tous les moyens en œuvre : salivation, mastication, calme et plaisir pendant le repas, quantité raisonnable, quantité de fibre suffisante (en général dans les légumes). Imaginez un peu quand on se dépêche d’ingurgiter un burger-frite sur le pouce…

Peut-être voyez-vous où je veux en venir : souligner l’importance d’avoir envie. Donner les moyens à notre corps de fonctionner correctement. Donner de la légèreté, de la facilité à notre digestion.

Donc quand vous avez une grosse journée de travail, soyez sympa avec vous, donnez les moyens nécessaires à votre corps et ne surchargez pas la digestion, il vous restera donc les 50 autres % d’énergie à utiliser après les repas pour travailler, sans coup de pompe :

  • Avoir envie
  • Choisir le contenu de votre assiette équilibrée (1/2 végétaux, ¼ protéines, ¼ féculents), et en quantité raisonnable
  • Saliver
  • Mastiquer
  • Buvez un peu pour faire un bol alimentaire confortable
  • Prenez un peu de calme, une pause dans vos activités
  • Souriez, partagez votre repas, au moins de temps en temps
  • Arrêter de manger quand vous n’avez plus faim, vous mangerez votre dessert plus tard, c’est bien aussi de séparer le sucre du repas.

Décidément, le corps est une mécanique d’une intelligence remarquable. Sans que nous lui demandions, il exécute des taches très complexes de transformation, avec des noms compliqués expliqués scientifiquement, sans que nous y pensions. Nous pouvons lui faire confiance, il sait ce qui est bon et nous le dira d’une façon ou d’une autre :
Légèreté et santé ou lourde-heure et mal-a dit.

Ecoutons-le !

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